Je laisse tomber mon joint sur son tuxedo, je prends la machine et crève les femmes à coups de clin d'oeil.
C'est comme une orgie de notes maintenant. Moi et les autres jazzmen on clenche sur nos instruments pour jouer l'hymne de la pulsion, la comptine des chromosomes, qui fait tomber les foudres entre nous et les belles dames.
Elles arrivent à grands clacs! de talons.
Ces trois quatre déesses aux hanches cascades avec les cheveux bruns dans le vent, des éclats cuivrés sous le soleil d'après-midi, dans un torrent de trompettes et à travers la brise de mon solo de guitare. Le feu des les yeux, elle se démarque du peloton. Elle s'avance pataugeant dans les eaux de la place publique, chaude, tellement qu'il lui perle des gouttes de sueurs sur les bras. Elle se laisse tomber dans la fontaine presque asséchée, elle mouille ses seins et son chandail s'évapore dans ma tête. Les yeux se tournent dans les automobiles pour regarder celle qui me vire les sens depuis quelques secondes. Elle s'approche de moi, dégouttant un peu partout sur le tapis sablé, me rafraichissant telle une oasis sur Mercure, mais elle émane le soleil hors de chacun de ses pores. Elle se penche, je me trompe de mélodie, perdu au creux de son décolleté, au plus profond de mes désirs tout sauf pudiques, rien sauf elle et moi. Elle ouvre la bouche, léchant ses lèvres déjà humides, mais elle ne dit rien. Elle ne fait que respirer, elle me parfume d'envie et mon âme explose, il veut sortir.. par où, le sait-on? Elle tend la main, frôle ma cuisse de ses doigts devant l'observation de ses compagnes tout aussi charnelles que ce qui me tracasse en dedans. Elle continue plus loin, atteint mon ampli et tire le fil.
Plus de son, elle me sourit et s'en va, sachant que je regarde ses fesses, à moitié heureux à moitié choqué. Elle m'a fermé la trappe en même temps de me la laisser pendre....
Joe m'enlève la guitare des mains, me pousse de sa chaise. Je retourne dans mon coussin ambiant, m'allumer un autre joint roulé avec les épices de sa peau.
